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Journée de l’expression 2016 avec l’artiste en résidence au lycée.

mardi 10 mai 2016, par Bertrand Charier

 Dossier proposé par C.Rivaux

La résidence

Du 29 mars au 8 avril, Benoit Savin, artiste graffeur, était en résidence au lycée E. Branly pour réaliser une œuvre personnelle, un projet utile à son parcours d’artiste. A cette occasion il a aussi animé des ateliers avec plusieurs classes du lycée et du lycée Pro.
Les secondes AMACV/MIC ont participé à l’expérience par des créations graphiques mais aussi en réalisant des témoignages et interviews illustrés. Voici quelques citations et échantillons de leur travail que vous pouvez lire dans son intégralité aux ateliers graphiques du lycée ou l’exposition sera affichée au mois de mai.

L’artiste et l’atelier : impression

« Je découvre que cette expérience nous permet de mieux comprendre qu’être artiste n’est pas juste créer mais accorder de l’importance à ses créations et d’y trouver du plaisir. » Mélodie

« Il ne vit pas pour l’argent mais pour faire des rencontres et vivre de sa passion et je pense que c’est un exemple à suivre dans notre société de consommation. » Anna

« Ce que je trouve vraiment génial c’est que tout ce qu’il fait, il le fait avec des matériaux de récupération ce qui est bien car cela n’abîme pas la nature. Ensuite, Il fait tout ceci avec amour et passion. » Solène

« La résidence d’artiste me plaît énormément car ça nous permet de nous exprimer artistiquement et de faire ce que l’on veut ; rien ne nous est imposé. » Kylian

« Ce qui m’intéresse c’est que tout le monde n’a pas l’occasion de travailler avec un artiste. J’admire de tout cœur ce projet car il me donne la sensation d’être libre. » Mathis

« On ne sait jamais ce que l’on va faire et sur quoi on va tomber chaque semaine. A chaque séance on fait et apprend de nouvelles choses... » Hugo

« C’est un bon endroit pour s’ouvrir au monde et prendre confiance en soi. » Laurine

J’’aime bien l’ambiance avec les quelques œuvres des élèves qui y sont. Parfois il faut fouiller un peu : par exemple, pour trouver le crayon que l’on cherche, c’est comme une chasse au trésor. Orianne

« Le graffeur nous montre aussi comment faire des bracelets avec des vinyles : il suffit de decouper le vinyle, de chauffer la matière et de lui donnner la forme d’un bracelet. » Lucas

Les œuvres, la journée de l’expression :

A côté de L’arbre de Benoit (structure recouverte de disques vinyl travaillés) se trouvent les réalisations des élèves sur disque vinyl qui devaient décorer l’arbre et qui ont été installées sur panneau pour plus de visibilité.

L’oeuvre a orné le hall lors de la journée de l’expression du 8 avril qui fut riche en émotions et en sensations : course pour l’association ELA, groupes de musique, atelier langues…
Des panneaux de style graffiti ont aussi été réalisés sur film plastique et sur bois.


Des objets ont été sculptés et peints avec les disques vinyl telles ces roses.

La scène des ZZ Prof et autres groupes était bien décorée !


 AMACV SECTION D’AVENIR

Nous avons interviewé Anna Massias, élève de 2nd AMACV au lycée Edouard Branly, à propos de l’art et du projet de l’artiste Benoit Savin qui réside à Branly pendant 6 semaines.

LS En quoi consiste la section AMACV (cours professionnel par exemple) ?
→Ça consiste à apprendre et essayer toutes les techniques de dessin mais aussi ça apporte une formation dans les métiers de l’infographie et développe la culture artistique.

LS Utilises tu un pseudonyme ?
→Oui mais je ne souhaite pas le dévoiler.

MP Quelle est l’œuvre dont tu es la plus fière ?
→Une œuvre que j’ai réalisé à l’aide de posca, feutres, pro-marker, peinture, craie et crayons de couleurs représentant un monde utopique.

LS Que t’inspire ce projet ?
→Ça permet de s’intéresser à d’autres formes d’art et de découvrir des techniques dans l’univers du graffiti.

MP Es-tu contente de participer à un tel projet artistique ?
→Oui, c’est très enrichissant.

LS J’aurais aimé savoir si tu ressens de l’admiration envers cet artiste.
→Oui parce qu’il réussi à vivre de sa passion en contribuant au bien être de l’environnement.

MP Est-ce-que le projet en cours te donne des idées sur des œuvres personnelles
→Oui ça m’inspire beaucoup car comme se sont des techniques que je ne
connaissais pas (dessins et pochoirs sur vinyle) donc cela me donne des idées.

MP Je voudrais savoir ton avis sur les graffitis .
→C’est une belle forme d’expression quand ils sont bien réalisés.

MP La vie de lycéen est dure, n’est-ce pas ?
→Non, ce n’est pas dur, mis à part la vie en communauté qui est parfois compliquée avec certaines personnes.

LS Et pour ton avenir ?
→Je voudrais être dans le milieu du graphisme tout en étant artiste indépendante.

Propos recueillis par Saillet Léa et Puygranier Morgan.


 Benoît Savin et les vinyles, les racines du street art

Jusqu’au 8 avril, cet artiste anime le lycée Edouard Branly avec son projet artistique d’atelier auprès de plusieurs classes

CF : D’où venez-vous ?

BS : Je viens des Deux-Sèvres, du nord des Deux-Sèvres… une petite ville en pleine campagne, voilà... Je suis un campagnard dans l’âme,
je ne suis pas un citadin, même si j’aime le Street Art.

CF : D ’ou vient votre amour pour l’art ?

BS : Alors, ça vient de ma curiosité puis de mes parents qui m’ont emmené dans des expos, des choses comme ça. Mais, de tout : de la télé, des magazines, de l’art de rue, ce qu’on fait dans la rue, ce qui est graffiti, pochoirs et tout ça. Et puis, après, c’est de la curiosité, par internet, par les médias, par les magazines, les bouquins, un peu de tout.
Pas forcément par un cycle artistique ; moi, je n’ai pas fait d’école d’arts ou quoi que ce soit...

CF J’aurais aimé savoir si vous êtes autodidacte ?

BS : Oui, je suis autodidacte. Comme je te le disais, au final, moi je n’ai pas fait d’école. Je suis venu par mon envie, ma curiosité...A la base, j’y suis venu par le graffiti. J’ai commencé à peindre dans la rue et puis, petit à petit …

CF : Votre famille vous soutient ?

BS :Oui. Oui, car... (rire). Après, j’ai des parents qui sont hyper-sympas et qui, si j’avais été... plombier, chanteur, n’importe quoi... Du moment que je fais un métier qui me plaît…
Ils sont dans cette démarche là. Tous les parents ne sont pas comme ça mais je pense qu’il y a beaucoup de parents qui sont comme ça : quand tes enfants sont heureux de ce qu’ils font, tu les soutiens.

CF : D’un point de vue financier ?

BS :D’un point de vue financier, j’ai tout le temps gagné ma vie et puis là...avec l’art, je ne vous dis pas que je gagne ma vie grâce à l’art. Je gagne ma vie par l’intermédiaire... les interventions avec des jeunes, avec des écoles... avec plein de monde.
Après, le côté commercial… ça me touche moins. Comme j’explique souvent, si je me retrouvais dans mon atelier à préparer mes expos et au final à ne pas faire d’atelier avec d’autres gens, j’arrêterais vite parce que c’est un peu une démarche égoïste de ne faire que des trucs pour soi. Voilà, je préfère partager.

LM : Comment se sont passés vos débuts dans l’art ?
BS :Comment ça s’est passé ? Alors, comme je le disais, j’y suis allé vraiment... mais façon loisir.
C’est-à dire que je travaillais déjà quand j’ai commençé à voir des gens qui s’intéressaient à ce que je faisais. J’ai peint dans la rue, j’ai rencontré des gens qui avaient des galeries d’art, par exemple, des choses comme ça, des cafés des arts... qui m’ont dit : « Ouais, ce que tu fais m’intéresse, est-ce que tu veux exposer ? » Donc, c’est comme ça que je suis venu à l’art.
Après, je suis venu vraiment dans un délire...je me faisais plaisir et ce que j’emmenais dans une galerie d’art, c’était moi ; je m’en fichais si ça plaisait ou pas et après ça a plu et je me suis rendu compte qu’il y avait de la matière, il y avait des choses à faire et à développer.

Après l’art, j’y suis venu comme nous tous à la base : à l’école, en 6e, le prof d’arts plastiques, on apprend à dessiner de façon très conventionnelle.

LM : Qu’allez-vous réaliser durant votre séjour à E. Branly ?

BS :Ce que je vais réaliser et ce qu’on réalise actuellement, c’est de la découverte de peintures, d’objets de décoration à base de récupération, donc beaucoup de disques vinyl.
Mon objectif, c’est de créer un arbre qui représente un peu notre vie en général. Parce qu’ un arbre, pour moi, c’est quand même super important parce que la nature ça me tient à coeur.

Un arbre ça représente… T’as des racines, tes racines ; c’est d’où tu viens, tes origines, ta famille, si tes parents étaient immigrés, si tes parents ont déménagé plein de fois et ont habité à tel endroit…. Après, le tronc c’est ta vie et puis les branches, ça va représenter le côté futur : les enfants, la future génération, donc vous. Et en fait, l’objectif c’est qu’ une fois que les mecs ils viennent, pendant l’atelier ou pendant le soir (ceux qui sont internes, quand ils sont internes) ils créent des choses et quand ils veulent laisser des choses, eh bien on les laissera pour qu’ils les pendent à l’arbre...
Voilà. Donc ce sera un arbre en récupération tout recouvert de disques vinyles.

LM : J’aurais aimé savoir quel type d’art vous pratiquez dans l’atelier.
BS :L’art… quel type d’art ? L’art du pochoir, enfin la technique du pochoir parce que la technique du pochoir c’est super intéressant car comme je le disais : moi je suis autodidacte, je n’ai jamais appris à dessiner, donc je ne suis pas super bon dessinateur… Même si, à force de dessiner, ben voilà : il ya des petits personnages que j’aime bien faire et qu’il y a beaucoup de gens qui me disent : « Oh, non, tu dessines quand même bien »…
Je ne suis pas super fort, donc le fait de faire du pochoir, c’est intéressant parce que c’est juste du découpage et une fois que tu as découpé, ben tu donnes un coup de bombe et ça te fait un visage de quelqu’un... de nickel. C’est pour ça aussi que j’aime beaucoup le pochoir.
Après, les techniques, c’est les techniques de base du graffiti aussi : comment utiliser une bombe de peinture... un peu de sculpture ; chauffer le disque vinyl pour le déformer et en faire l’arbre que vous voyez…
LM : Avez vous des œuvres crées par des jeunes qui vous ont marquées en bien ou en mal ?

BS :Oui, j’ai des œuvres… Il y a plein d’oeuvres que des jeunes ont créees … Alors, que en bien, hein ! En mal, pour l’instant ce n’est pas arrivé…
Du moment qu’on me crée des choses, je ne suis pas là pour dire, c’est bien ou mal…
Il y a des choses qui me plaîsent plus que d’autres parce que ça… Je vois une évolution... et puis, ça se voit que ce que j’ai donné comme conseils ça marche et puis que ça plaît aussi…

Ce qui me fait le plus plaisir, c’est de voir… vous, les jeunes, ceux qui viennent ici et qui viennent le soir et qui créent des choses sont émerveillés, qui sont contents d’avoir fait des choses et qui se rendent compte qu’ils sont capables de faire des trucs avec pas grand-chose…

LM : Avez-vous un blog sur l’atelier ?

BS :Non, je n’ai pas de blog sur l’atelier. On a un vieux blog qui n’est pas à jour depuis le mois de juin 2007...mais je n’ai pas de blog. Non, ça prend… ç’aurait été une super idée ; au départ, j’étais parti dans une idée même de filmer la pièce pour voir l’évolution de ce qui a été crée...
Ca prend énormément de temps. Les ateliers avec les classes, c’est énormément de préparation.

LM : Que pensez vous de la culture des jeunes Français ?

BS :La culture des jeunes français ?
Je pense qu’on a de la chance comparé à d’autres pays... que la France, c’est un pays développé et qu’on a un accès à la culture intéressant par rapport à d’autres pays.

Après, la culture, c’est comme je le disais il ne faut pas se laisser avoir par les travers de la télé-réalité, de la télé en général, parce que on y vient vite. C’est vite pas intéressant.
Je pense qu’il faut de tout et puis, plus il y aura de cultures différentes, mieux ça sera. Moi, je travaille avec des cités de toutes façons… donc la culture, les jeunes.. je trouve ça bien.

Propos recueillis par Clément et Louis


 Un prof au grand talent artistique

Nous venons interviewer M. DENIS professeur d’arts appliqués au lycée Édouard Branly à Châtellerault suite à la venue de l’artiste Benoît Savin pour faire découvrir le monde de l’art de rue aux élèves du lycée.

AS : En quoi consiste votre métier ?
JMD : Donc, mon métier : professeur d’arts appliqués au lycée professionnel Edouard Branly consiste à voir tous les élèves du lycée professionnel et leur proposer différents types d’activités autour des arts. Donc, dans un premier temps, je fais une sensibilisation assez générale aux domaines artistiques et je vois quatre grands domaines que sont :
*la communication visuelle : tout ce qui consiste à faire des images pour la publicité, des logos, des affiches, etc..
*le deuxième domaine c’est une sensibilisation au design, on en fait beaucoup dans mes cours.
Le design, c’est le monde des objets, la conception des objets, comment fonctionnent les objets et on analyse leurs dimensions esthétique et fonctionnelle.
*le troisième domaine, c’est le stylisme et la mode : c’est la façon de se vêtir, de s’habiller, le look...on voit ces aspects-là.
*et le quatrième grand domaine qu’on peut voir au cours des trois années d’études : c’est la sensibilisation autour de l’architecture, tout ce qui est les espaces intérieurs, extérieurs, voilà.

QC : Depuis combien de temps exercez-vous ce métier ?
JMD : Alors, j’exerce ce métier depuis… Ah, maintenant, ça ne me rajeunit pas...depuis 25 ans.
Je suis toujours en forme, ça va, je ne me plains pas. (rire)

AS : Combien de temps d’études avez-vous fait pour parvenir à faire professeur d’arts ?
JMD : Alors, je dirais que, pour faire simple parce que c’est un peu plus compliqué, j’ai fait cinq ans d’études après le bac. Mais je n’ai pas enseigné tout de suite. J’ai fait différents métiers : j’ai travaillé dans le bâtiment, dans les monuments historiques. J’étais le chef de chantier sur des rénovations de bâtiments et puis après j’ai été décorateur et accessoiriste de spectacle pour le spectacle vivant, spectacle de rue.
Et de fil en aiguille, comme ça, je me suis aperçu que ce n’est pas facile de gagner sa vie dans ces milieux artistiques donc j’ai décidé de passer le concours de l’éducation nationale et c’est ainsi que je suis devenu professeur.

QC : Votre travail est-il considéré comme celui d’un artiste ?
JMD : Disons que ce n’est pas tout à fait le même travail qu’un artiste parce que l’artiste... il solde, il n’est pas en relation régulière avec des apprenants, c’est-à-dire des élèves.
Alors, je suis peut-être un artiste dans l’art d’organiser des cours, de transmettre mon message si vous voulez. Enfin on peut dire ça...donc c’est un exercice un peu personnel même si on peut apprendre l’art de la pédagogie, c’est-à-dire l’art de transmettre des messages, des savoirs…
Et bien, après c’est quand même une question un peu personnelle après d’engagement, comment on se présente aux élèves, comment on organise ses cours, comment on les accueille...la relation qu’on établit avec eux.

AS : Êtes vous considéré en tant qu’artiste ?
JMD : Disons que… Après, j’ai aussi une pratique personnelle à l’extérieur du lycée, donc je continue à pratiquer, j’ai comme on dit une pratique : comme je l’ai dit tout à l’heure, j’ai travaillé pour le spectacle de rue, j’étais accessoiriste-décorateur ; je continue à pratiquer ce métier au sein d’une compagnie, une compagnie de spectacle. Je continue à faire des choses.
Ma source d’inspiration, c’est le design, c’est le monde des objets et puis c’est des créateurs comme Marcel Duchamps qui était un créateur du début du 20è siècle qui utilisait des objets du quotidien pour les mettre dans les musées ; il faisait ce qu’on appelait des régumeds.
Donc, je travaille un peu dans cet état d’esprit là. Je travaille beaucoup autour du recyclage, c’est-à-dire le fait de récupérer des objets et de leur donner une deuxième vie pour qu’ils deviennent des œuvres, des œuvres d’art, des choses à voir... et créer une esthétique avec des objets du quotidien.

QC : L’art est une passion ancienne pour vous ?
JMD :Oui, je pense que j’ai… Oui, ça vient de très loin ; pour tout dire… J’ai peut-être eu la chance de naître entre guillemets dans un atelier d’art : ma mère avait une pratique artistique, elle faisait de la broderie, de la broderie d’art, donc il y avait beaucoup de dessins.
Je me souviens d’un atelier où il y avait des planches, tables sur lesquelles il y avait avec des gens qui dessinaient donc je pense que ce goûts pour le dessin, l’art m’est venu de là et puis aussi les arts appliqués parce que les arts appliqués c’est du dessin appliqué à des métiers.
Alors...comme la broderie...avant de faire une broderie, il faut dessiner. Contrairement à une œuvre d’art plastique qui, elle, est unique, les arts appliqués consistent à reproduire des choses en série.

AS : Quelle intérêt portez-vous à faire rentrer des artistes dans le lycée ?
JMD :Alors, moi ça m’intéresse de faire entrer dans les établissements un artiste pour que les élèves se rendent compte de ce métier parce que c’est un métier, qu’ils se rendent compte comment travaille l’individu qu’on appelle l’artiste. On s’aperçoit que c’est quelqu’un un peu comme tout le monde mais qui essaye de regarder le monde ou ce qui nous environne d’une certaine manière et de nous le transmettre, de nous le traduire en quelque sorte.
Voilà, moi ça m’intéresse à ce titre là de faire entrer des artistes dans le lycée pour faire voir que c’est un artisan je dirais et qu’il travaille manuellement, qu’il a une démarche, qu’il y a une certaine cohérence, que ce n’est pas tout et n’importe quoi à tort et à travers.

QC : En quoi consiste le projet de l’artiste ?
JMD : Le projet de cet artiste dit « en résidence » est de rencontrer des élèves dans un premier temps, de rencontrer des groupes et des classes et avec ces groupes et classes d’essayer d’entrevoir, de créer quelque chose ; une œuvre. L’idée, là, c’est de, c’est qu’il puisse créer une œuvre d’art au bout de sa période passée parmi nous. Ça va durer un mois et quinze jours, je crois...

AS : Que comptez vous faire de l’oeuvre une fois terminée ?
JMD : L’œuvre qu’il va réaliser avec les élèves sera exposée dans un espace de l’établissement ce qui fait qu’au bout d’un moment, comme on a reçu beaucoup d’artistes dans cet établissement, on
pourra observer, voir et admirer un ensemble de réalisations faites par les artistes successifs.

QC : Comptez-vous faire venir dans cet établissement d’autres artistes ?
JMD : Oui, certainement. Alors, on ne sait pas exactement aujourd’hui mais comme il y a une dynamique dans l’établissement de faire venir des artistes, je pense que dans l’avenir on va en rencontrer certainement un autre.
Ce qui est intéressant aussi dans l’établissement c’est qu’on a le poste d’animateur culturel et Anouk, notre animatrice culturelle prend en charge justement de trouver des artistes pour nous les proposer et puis elle s’occupe de l’encadrement parce qu’il y a tout un côté matériel, logistique pour recevoir l’artiste. Il faut parfois le loger, il faut lui trouver un espace pour qu’il travaille, il faut le mettre en relation avec les professeurs, avec les classes, donc c’est quand même intéressant ce poste d’animateur culturel qui permet, justement, de faire venir assez régulièrement des artistes.

QC : Et ces artistes, viennent-ils bénévolement ou donnez-vous une participation pour les faire venir ?
JMD : Ce n’est pas nous, lycée, qui donnons une participation, c’est dans le cadre d’un dispositif qui est élaboré par la région, donc c’est la région, notre région Poitou-Charentes, qui paye l’artiste. Il y a un espèce de budget qui est débloqué pour recevoir cet artiste. Il est payé par la région.

Propos recueillis par ANTOINE et QUENTIN


 S’amuser dans l’Art

Lors de la première journée avec l’artiste en résidence, j’ai bien aimé quand Benoît s’est présenté et qu’il nous a parlé du projet avec l’arbre.

Au début, je n’ai pas tout de suite trouvé d’inspiration, donc j’étais un peu gênée, mais par la suite je me suis détendue et l’inspiration est arrivée toute seule.
Cet atelier me permet de me libérer et de m’amuser avec mes amis.

J’ai appris de nouvelles choses avec Benoît, qui m’a enseigné la technique du pochoir et comment bien se servir d’une bombe de peinture pour décorer notre disque vinyle. Je me suis bien amusée en découpant mon pochoir car on pouvait aussi discuter et recevoir de l’aide.
Quand on a utilisé les masques de protections pour la peinture, j’ai tout d’abord trouvé ça désagréable car ça faisait lourd sur mon visage, mais avec l’habitude j’ai presque oublié que je le portais et je n’avais plus envie de le quitter.

Mon moment préféré c’était quand on était dehors en train de grapher le nom de notre classe, le temps était parfait avec un superbe soleil.

J’ai aussi fait une rose avec les disques vinyles, il a fallu que je dessine les pétales sur le disque à l’aide d’un feutre posca, j’ai ensuite fait chauffer le disque avec un décapeur-thermique, pour pouvoir découper les formes plus facilement. C’était assez brûlant, j’ai donc pris des gants et une bombe de froid. En utilisant celle-ci j’étais assez amusée par le bruit de craquelure produit par le mélange du froid et du chaud.
Et pour finir j’ai dessiné sur un disque vinyle avec des feutres poscas de couleurs différentes.


 Un graffeur à Châtellerault

Aujourd’hui il y a de vrais artistes du graff qui font des graffitis immenses et magnifiques mais qui pour la plupart demandent la permission pour pouvoir graffer.

Alors qu’il y a certains jeunes qui se prennent pour des artistes et qui vont juste graffer à la bombe des insultes ou autres choses qui n’ont aucun intérêt.

Benoit Savin s’exprime lui sur des objets de récupération comme des cassettes ou des vinyles ce qui ne dégradera pas la ville.

Je trouve que cette expérience nous permet d’approfondir nos connaissances et d’apprendre de nouvelles techniques pour s’exprimer artistiquement. Benoit nous fait découvrir comment réutiliser de vieux objets peut devenir amusant et très design.
De plus, il nous incite à faire plus attention au recyclage et à ce que l’on jette en nous montrant qu’avec de vieux objets on peut faire de vraies œuvres d’art.

Il nous fait découvrir le monde du street art, cet art est vraiment génial.
Il peut se faire sous différentes formes mais là il nous apprend l’art du graffiti.
Je trouve cette technique géniale tout comme le fait de pouvoir faire passer un message par un dessin.

Avec Anna qui est une camarade de classe nous avons le projet de coller plusieurs vinyles ensemble et de faire un grand tableau avec tous les personnages « d’adventure time ». Nous allons faire ces personnages avec des pochoirs et des feutres poscas.

Chloé


 L’ artiste Benoît Savin en résidence au lycée E. Branly.

Benoît Savin est un artiste qui réalise du street art et qui se démarque des autres en faisant de la récupération et du recyclage d’objets. Depuis son arrivée dans l’enceinte du lycée, trois heures de cours de graphisme ont été remplacées par trois heures d’activité avec l’artiste en résidence. Je vais vous parler de ce que j’ai pu faire et ce que j’ai appris avec lui au cours de ces heures, ainsi que le soir.

Premièrement, j’ai du réaliser un fond de couleur sur vinyl.
J’ai utilisé des grilles comme système de pochoir et j’ai passé des coups de bombe de peinture. Ensuite, j’ai découpé des pochoirs que Benoît m’a choisis en fonction de mes goûts. Les pochoirs étaient généralement des visages ou des logos. Pour ma part, c’était le logo du groupe de rap 1995, que j’admire beaucoup. J’ai utilisé ce pochoir par dessus le fond que j’avais fait précédement. J’ai trouvé ça simple à réaliser, mais j’étais content du résultat, j’ai bien aimé.

En cours de graphisme, nous devons respecter des contraintes de dessin alors que là, je pouvais libérer ma créativité et mon imagination.
Ce qu’on a réalisé, tout le monde peut le faire, c’est très accessible et gratifiant !

Ensuite ma classe et moi, avons réalisé un graffiti « 2AMACV » sur une bâche de cellophane. Ce n’est pas une première pour moi car je pratique déjà le dessin à la bombe, mais c’est grâce à cet artiste que j’ai pu en apprendre plus sur l’univers du graffiti. J’ai aussi appris de nouvelles techniques de dessin que je ne connaissais pas.

Le soir, Benoit est présent au lycée ; j’ai eu la chance de réaliser un graffiti à ses cotés :
j’ai dessiné et peint une lettre, c’était un moment sympa avec lui.

David


 Interview de Benoit Savin réalisée par Florian Archambault et Gurvan Echouard

FA : Comment avez-vous appris votre métier ?
BS : Comment j’ai appris mon métier ? Comme je le disais, par la curiosité…. mon métier, c’est artiste
peintre mais je ne suis pas artiste peintre comme tous les artistes peintres qui font des expos ou qui vont dans les musées et tout ça…, qui ont des galeries d’art.

Moi, mon métier, c’est plus la transmission, faire découvrir. Et après, mon métier, je l’ai appris à l’école quand j’étais à l’école d’éducateur, quand j’ai passé mon BAFA (c’est un brevet d’animateur).

Après, le côté art en général, je l’ai appris par la curiosité. Je suis allé sur internet...allé voir des expos, allé
voir des spectacles, des concerts, enfin plein de choses, quoi.

FA : Arrivez-vous à vivre de votre métier ?
BS : Oui, oui, j’arrive très bien à vivre de mon métier. Après, je pense que quand on est passionné par quelque chose, si on est vraiment passionné ça fonctionne.

FA : Quels sont vos artistes de référence ?
BS : Mes artistes de référence ? Des artistes de rue, du genre Banksy, du genre Blublu ;
Après ? J’en ai cinquante mille des artistes références parce que je pense que c’est ça qui est intéressant,
c’est qu’il y a de tout… On se fait influencer par plein de choses et les artistes… ça peut être Coluche, ça
peut être Pierre Deproges etc…
Les gens autour de moi aussi... Comme j’ai pas mal d’amis qui sont artistes, c’est vrai que c’est plus une
histoire d’influence, d’amis, de plein de choses.

FA : Street Art ou Pop Art ?
BS : Street art. Après, Pop Art, c’est un peu comme si on comparait le foot et le basket ; foot ou basket ? Ca reste un sport … les deux sont intéressants, quoi.

Après, Pop Art, un petit peu moins parce que.. ce que je connais un peu du pop art c’est que ça a été popularisé par Andy Warhol qui est le plus connu et qui a fait en sorte que l’art devienne un peu « comme des usines », comme des produits manufacturés et la démarche me plaît moins.
Après, c’est une période, le pop art, qui est super intéressante car il ya plein plein d’artistes super intéressants : il y a eu Basquiat et plein d’autres. Ils sont un peu en relation avec le côté street art.

Donc, moi je serais plus street...enfin, je ne suis pas plus street art mais je suis plus passionné par le street art parce que le street art,à la base, c’est faire les choses dans la rue et puis, si c’est fait
intelligemment, c’est super intéressant parce que ça peut embellir la rue et ça peut faire sourire les gens,
ça peut faire rire… ça provoque des émotions.

Ce qui est intéressant dans le street art c’est que c’est gratuit. Voilà. On offre quelque chose.
Après le pop art c’est une relation avec les galeries, les musées où il faut payer l’entrée pour aller voir des
œuvres…

FA : D’où vient votre inspiration ?
BS : Comme je le disais, de tout : de la famille, d’un groupe de musique que je vais écouter, d’un truc que j’aurais vu, de problèmes politiques : par exemple, il y a une loi qui va passer ; la loi du travail, ça me donne plein d’idées de slogans, de plein de choses pour dire qu’on n’est pas d’accord…..
j’ai fait un pochoir disant voilà, c’est bien le travail mais pas à n’importe quel prix.

FA : Quels matériaux utilisez-vous ?
BS : J’utilise de tout. Je suis présenté comme artiste peintre graffeur mais après j’utilise de tout.
C’est-à-dire que je suis passionné d’art de rue mais je suis passionné aussi par la récup’, tout ce qu’on jette.

Comme je travaille avec Emaüs (en collaboration) ils me permettent de récupérer plein de trucs qu’ils jettent. Donc, si un jour je pars sur un délire de
« tiens, je vais prendre plein de pièces, de petites pièces de jeux de société qu’ils balancent parce que
les jeux ne sont pas complets » si je veux commencer
à en faire une sculpture, voilà, ce sera avec ça.

Si je me retrouve avec un ami peintre qui fait de la peinture chez les particuliers.. mais bon, pas un artiste peintre, un peintre en bâtiment... par exemple qui va se retrouver avec deux litres de peinture en rab à me filer, je vais peindre avec ça.

Je vais tomber sur une vieille tapisserie dans le grenier de chez mes parents. Je vais m’amuser à faire un dessin dessus, à la découper… Voilà, tous les médiums sont possibles.

Après, pour la résidence, je travaille beaucoup le disque vinyl comme je suis collectionneur et que j’adore la musique… C’est vraiment mon médium de prédilection. J’aime beaucoup le vinyle parce qu’on peut peindre dessus, on peut le chauffer, le déformer, on peut faire plein de choses.

FA : J’aurais aimé savoir si vous étiez célèbre.
BS : Non, je ne pense pas que je suis célèbre mais je ne recherche pas la célébrité.
Vous qui voyez beaucoup de télé-réalité... on voit au travers de la télé-réalité qu’il y a quand même vachement de gens qu’on voit un mois ou deux mois, qui sont très connus et puis d’un coup, d’un seul, on ne les voit plus du tout…
On n’imagine pas ce qu’ils vivent derrière ; si ça se trouve il deviennent taré. Il y en a beaucoup qui deviennent tarés, qui se suicident… Donc, le côté célébrité, ça ne m’intéresse pas trop.
Etre connu ou reconnu pour une peinture ou quelque chose, oui, mais après, être célèbre, je trouve ça un
peu péjoratif.
Comme tout artiste peintre quand tu fais des expos, quand tu fais des événements, tu passes au journal de
France 3… Si être célèbre c’est ça, oui, je suis célèbre. Après, moi, ce n’est pas mon délire…
Comme je le disais les interviews, c’est très compliqué parce que c’est parler de soi...je n’aime pas tellement parler de moi à part quand on va parler de peinture et que je vais vous parler d’artistes que j’aime bien parce
que c’est le côté intéressant…
Un article de journal qui passe, ça fait plaisir à mes parents, c’est plus ça qu’autre chose.