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Un an après les attentats de janvier…

mercredi 13 janvier 2016, par Bertrand Charier

Mercredi 6 janvier, une journaliste de France Bleu, Marie-Coralie Fournier est venue rencontrer des élèves du lycée. Un an après les événements, ceux de janvier 2015 mais aussi de novembre dernier, Laure, Denys, Jules , Antonin et Christian, Alex et Pierre-Mathieu vont confier leur ressenti et faire part de leurs réflexions .

Qu’en ont-ils retenu et qu’est-ce que cela a changé pour eux ?
Le « Choc » et l’envie d’agir, de « faire quelque chose pour « montrer que cela [les ] touche ». Plus précisément, pour Laure, « ils ont touché à [leurs] droits, de bouger, de faire du sport, de s’amuser ». Ils sont conscients d’appartenir à « la génération Charlie » : « les attentats ont marqué leur adolescence, leur jeunesse . [Ils] se souviendront longtemps de l’année 2015 », ont-ils confiés.
Aussi, parce qu’ils n’étaient pas à Paris, ils ont voulu agir ici, au lycée. Depuis janvier 2015, différentes actions ont été mises en place par les élèves ou avec eux, une Table ronde sur la liberté d’expression après les attentats contre Charlie Hebdo avec des intervenants extérieurs, l’organisation d’une journée spéciale « commémoration » le 14/12/2015 après les attentats de novembre qui a proposé à tous une exposition pour comprendre des mots comme Daech, djihadiste, sunnites, chiites, « état d’urgence », terrorisme mais surtout des dessins et des messages d’élèves afin de montrer « leur soutien ». Un créneau 13h00-14h30 avait été banalisé pour permettre l’expression des élèves . Jules, Denys et ses camarades ont ainsi pu présenter une émission radio sur l’État islamiste , diffusée dans tout le lycée. Par ailleurs, quelques cent cinquante élèves ont formé une figure humaine dans la cour du lycée ; d’autres ont créé une sonnerie spéciale pour les inter-cours ainsi que des auto-collants, à l’initiative du cours d’Arts appliqués . Enfin, en 2016, des cafés-philo devraient voir le jour afin que les élèves puissent débattre, « avoir un temps de parole plus important ».

Par ailleurs, pour les élèves, « quelque chose a changé » dans leur comportements. Ainsi, comme le souligne Antonin, « cela [les] a rapprochés ; [ils] s’écoutent davantage, [ils] s’aident , [ils] se comprennent mieux et réagissent moins au quart de tour ».

Comme l’ont souligné des adultes présents, toutes ces actions ont permis de « donner un sens aux valeurs de la République française , de mettre en perspective l’émotion, de donner des clés de lecture pour analyser les événements ». Les expressions ou mots tels que liberté d’expression, laïcité, liberté de presse sont devenus plus concrets. Les élèves ont pris conscience qu’ils avaient de la chance de vivre dans un pays avec ces droits là et que les défendre était nécessaire. Enfin, de cette expérience ressort chez les élèves un réel besoin de s’informer, de mieux connaître les différents medias, de savoir chercher l’information pour COMPRENDRE.

Béatrice Simon, professeure documentaliste